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Korus Ticket : le chaînon manquant de la billetterie sportive ?

Actualité

Récemment, un nouvel acteur a rejoint En Tribunes : Korus Ticket

Korus Ticket, c'est une jeune startup qui s'attaque à un enjeu central de la billetterie : la distribution.

En effet, elle se positionne comme le chaînon manquant entre les organisateurs d'événements (notamment les clubs de foot) et les distributeurs, en centralisant les flux via une API.

Sur En Tribunes, cette API nous permet aujourd'hui de nous connecter à de nombreux clubs de Ligue 1 : Monaco, Nantes, Nice, Lyon, Toulouse, etc. Un vrai plus pour notre comparateur !

Florian, l'un des cofondateurs de l'entreprise, a bien voulu répondre à quelques questions. L'occasion pour lui de présenter son service et de nous livrer son regard sur l'état actuel de la billetterie sportive en France.

Bonne lecture !

Bonjour Florian, et merci de ta présence sur le blog ! Peux-tu te présenter s'il te plait ?

Bonjour Antoine, je m’appelle Florian Brevet, j’ai 32 ans, et je suis le fondateur de Korus Ticket avec Hugues Charmet et Bertrand de Roquefeuil.

Tu as donc créé Korus Ticket en 2025 avec deux associés. Peux-tu nous expliquer de quoi il s'agit et comment vous est venue l'idée ?

Korus Ticket, c'est un channel manager dédié à la billetterie. Concrètement, notre métier est de connecter les logiciels de billetterie des clubs sportifs, des salles de spectacle, des parcs d’attractions ou encore lieux de visite pour agréger leurs catalogues et redistribuer ensuite ces flux à des distributeurs : des plateformes Inter-CSE, des revendeurs d’activités, des revendeurs billetterie, des acteurs de l'hôtellerie, des flash sellers.

L'idée est venue d'un constat assez simple et lié à notre précédente vie professionnelle dans le monde des coffrets cadeaux billetterie. Il y avait une vraie friction entre les organisateurs d’évènements qui veulent élargir leur réseau de distribution, et les distributeurs qui, eux, veulent proposer plus d'offres à leurs utilisateurs, sans avoir la capacité humaine et technique de développer beaucoup de connectivité billetterie.

Les deux parties ont la volonté de travailler ensemble, mais les connexions techniques et commerciales n'existent pas, ou alors elles se font au cas par cas, de manière très artisanale. On s'est dit qu'il y avait un vrai rôle à jouer en tant qu'intermédiaire de confiance, capable de standardiser tout ça et de créer de la valeur des deux côtés.

Le secteur de la billetterie sportive est en pleine mutation. Je vois constamment de nouveaux acteurs arriver sur le marché. Comment Korus Ticket se différencie-t-il de la concurrence ?

Ce qui nous différencie, c'est notre positionnement : on n'est ni un logiciel de billetterie, ni un distributeur. On est le lien entre les deux. On ne vient pas concurrencer les outils que les organisateurs utilisent déjà, on se branche dessus. De la même façon, on ne rivalise pas avec les distributeurs : on leur apporte du contenu qu'ils n'auraient pas pu aller chercher seuls.

Korus, c'est finalement un outil du même type que TravelGate dans l'hôtellerie ou Amadeus dans l'aérien — des infrastructures de connexion qui font circuler le bon contenu vers les bons canaux. Ces modèles existent depuis longtemps ailleurs. Ils n'existaient tout simplement pas dans la billetterie. C'est ça, notre vraie proposition de valeur.

L'équipe Korus Ticket
L'équipe Korus Ticket

Des entreprises spécialisées dans l'hospitalité et le tourisme sportif ont émergé ces dernières années en Europe : P1 Travel, Champions Travel, SportsBreaks, etc. On assiste même à des fusions/acquisitions, comme ce fut le cas récemment avec P1 Travel et Seat Unique. En France, les initiatives existent, mais semblent davantage orientées BtoB et beaucoup moins "grand public". Comment expliques-tu cette différence ?

Je dirais que c’est culturel. En France, il existe très peu d'agences officielles qui revendent des billets en BtoC. Les clubs se sont historiquement organisés pour vendre eux-mêmes au grand public, en direct — ce qui a limité l'émergence d'un écosystème de distribution tiers comparable à ce qu'on voit en Angleterre ou en Espagne. Sans parler des problématiques techniques où il est maintenant impossible pour un club de vendre des billets sans connexion API.

Mais c'est en train de changer. Il existe en France des réseaux de distribution de loisirs très bien implantés, qui ont les audiences, les habitudes d'achat, et l’envie de distribuer du sport. C'est exactement là qu'on intervient : notre rôle est de fluidifier cette connexion, de mettre en relation ces réseaux avec les clubs qui ont du stock à distribuer. Le potentiel est réel, il était juste inexploité.

Avec la crise des droits TV, la billetterie est devenue une source de revenus stratégique pour les clubs français. Comment Korus Ticket accompagne-t-il les clubs dans cette transition, et quels sont les avantages pour eux de travailler avec vous ?

Ce qu'on leur apporte concrètement, ce sont des débouchés qu'ils n'avaient pas jusqu'ici. On ouvre des canaux de distribution auxquels ils n'avaient pas accès — ou qu'ils n'auraient pas pu activer seuls sans y consacrer beaucoup de temps et de ressources.

Notre réseau de distributeurs est large et notre rôle c'est aussi de trouver le bon match entre chaque partenaire et les segments qui lui correspondent vraiment. Ce n'est pas une approche uniforme : on essaie d'identifier ce qui crée de la valeur pour chacun.

L’avantage pour le club est un accès à une distribution supplémentaire sans effort opérationnel de leur côté. Ils n'ont pas à gérer tous les partenariats de distribution enparallèle, à alimenter chacun manuellement, à gérer les remontées de données. Tout ça, c'est notre rôle. Ils restent maîtres de leur stock, de leurs prix, de leurs conditions de vente — mais ils touchent d'un coup un réseau de distribution qu'ils n'auraient pas pu construire seuls.

Nous sommes un peu les relais techniques et commerciaux des clubs auprès des distributeurs.

En Angleterre, en Espagne et même au Portugal, de nombreux clubs proposent un stadium tour, c'est-à-dire une visite dans les coulisses du stade. C'est aussi le cas en France, mais à plus petite échelle. Comment expliques-tu cela ? Penses-tu que les clubs français pourraient développer davantage cette activité pour attirer plus de visiteurs et générer des revenus billetterie supplémentaires ?

C'est en train de changer, et plus vite qu'on ne le pense. Le PSG Stadium Tour attire énormément de visiteurs — c'est devenu une vraie attraction touristique parisienne. Et d'autres clubs s'y mettent : le Racing Club de Strasbourg vient par exemple d'ouvrir le sien récemment. Le mouvement est là.

La vraie problématique, c'est moins la création du produit que sa distribution. Quand le stadium tour est géré directement par le club, il bénéficie de sa notoriété, de ses canaux de communication, de sa base de supporters. Mais quand il est délégué à un opérateur tiers — office de tourisme par exemple — le produit existe, il est souvent de qualité, mais il est parfois moins visible.

C'est précisément là qu'on intervient. Un stadium tour, c'est un produit de loisirs comme un autre : il a toute sa place chez les distributeurs qui travaillent avec nous. Notre rôle, c'est de connecter ces expériences aux bons canaux de distribution pour qu'elles trouvent leur public, et les faire connaître comme elles devraient.

Quelle est l'ambition de Korus Ticket pour les années à venir ? Un développement à l'international est-il prévu ?

L'ambition immédiate, c'est de continuer à grossir. On a encore beaucoup de clubs, de parcs, de salles ou de lieux à connecter, et beaucoup de distributeurs à intégrer. C'est un travail de fond, et on est en train de le construire sérieusement.

L'international est dans notre radar, oui. Nous avions déjà réussi à exporter nos coffrets cadeaux précédents dans une dizaine de pays, la volonté est la même pour Korus Ticket.

Une question un peu plus personnelle : plutôt foot ou rugby ? Ton équipe préférée ?

Le foot, sans hésiter. Pour l'équipe… je vais garder ça pour moi — je ne voudrais pas qu'on retienne que ça de cette interview ! 😊

Un dernier mot pour les visiteurs d'En Tribunes ?

Que la billetterie n'est pas qu'un ticket. C'est le point d'entrée d'une expérience. On est convaincus qu'en simplifiant et en élargissant la distribution, on aide à remplir les stades, à faire vivre les clubs, et in fine à vivre des émotions. C'est ce qui nous motive !