
J'ai visité le stade Bollaert-Delelis
Dimanche, 10h20. Je trépigne d'impatience.
Je suis devant la boutique Emotion Foot de Lens, point de rassemblement de la visite guidée "Bollaertour" à laquelle je vais participer dans quelques minutes.

Lens, c'est mon équipe de coeur, celle qui me fait vibrer depuis l'enfance.
Une histoire d'amour qui a commencé en 1998. J'avais 10 ans. À l'époque, j'entendais mes copains, dans la cour de l'école, prononcer les noms de Tony Vairelles, de Vladimir Smicer et de Guillaume Warmuz.
Je n'y connaissais rien au foot. À vrai dire, j'avais déjà vu quelques bribes de matchs à la télé mais je trouvais ça ennuyant.
Par curiosité et sûrement aussi pour "faire partie de la bande", j'ai commencé à regarder quelques matchs avec mon père (les rares rencontres diffusées en clair).
Et j'y ai pris goût.
Le plus frustrant, c'est que je me souviens très bien de la finale de Coupe de France 1998 perdue contre le PSG (elle était retransmise gratuitement sur TF1), mais je n'ai absolument aucun souvenir de l'épopée en championnat 🙁
L'année suivant le titre, je me suis mis à écouter France Bleu Nord le samedi soir. Je ne manquais aucune intervention de Jean-Pierre Mortagne et Christian Palka, les commentateurs sportifs de l'époque.
Fin des années 90, début des années 2000, le club vit l'une des meilleures périodes de son histoire. J'assiste à quelques matchs en tribunes, dont un derby face à Lille qui se termine par une amère défaite 0-1.
En 2002, mon père prend des places pour le match de Ligue des Champions contre le Milan AC. Nous sommes en Delacourt. Je hurle de joie quand Moreira marque le premier but. Victoire 2-0. Magique.
Le RC Lens devient une véritable passion... qui ne m'a plus quitté depuis.
Bref, revenons-en à la visite guidée.
Visite des tribunes
Tribune Delacourt
Le guide, Olivier Bourlard, nous invite tout d'abord à prendre place en tribune Delacourt, nommée ainsi en hommage au 1er abonné du RC Lens.
Il commence par nous expliquer l'histoire du bassin minier, son caractère "universel et exceptionnel" reconnu par l'UNESCO, et le lien très étroit entre le club et l'exploitation houillère.
Avec notamment le rôle de Félix Bollaert, directeur de la Compagnie des mines de Lens, qui va être à l'initiative de la création du stade en 1929.
Il a pour cela l'idée de faire appel des mineurs au chômage. L'inauguration a lieu le 18 juin 1933. L'enceinte ne comporte alors qu'une tribune.
Puis il nous parle d'André Delelis, maire de Lens, qui rachète le stade pour un franc symbolique en 1974.

Il nous rappelle également qu'à l'origine, les couleurs du club était le vert et le noir. Vert, en référence à la Place verte de Lens où se jouaient les premières rencontres au début du siècle. Noir, la couleur du charbon, bien entendu.
Le club a ensuite adopté le rouge et le jaune (sang et or), rappel de l'occupation espagnole entre le 14ème et le 17ème siècle.
Nous descendons ensuite au niveau 0 (tribune debout), où le guide nous parle brièvement des places réservées aux PMR et nous donne des informations sur l'entretien de la pelouse : système de chauffage par réseau tubulaire, luminothérapie, tonte bijournalière... un vrai travail d'orfèvre !
Nous apprenons également qu'il y a actuellement 29 000 abonnés et 23 000 personnes sur liste d'attente. L'abonnement au RCL, un véritable "visa" dans la région !
Tribune Marek - Xercès
Direction la tribune Marek, au pas de course.
Je découvre les promontoires des capos et les magnifiques fresques graffées sur les murs, représentant les tifos les plus marquants réalisés par les supporters.
Le guide nous explique que la configuration du stade est plutôt atypique, avec le kop présent en tribune latérale et non derrière les buts.
A priori, des projets de transformation de cette tribune auraient été soumis plusieurs fois au président Gervais Martel, qui s'y est toujours opposé par respect pour les supporters.
Le guide nous livre également une petite anecdote concernant la tribune Xercès. En effet, il s'agit d'une incroyable faute d'orthographe puisque le joueur d'origine martiniquaise ayant porté les couleurs Sang et Or dans les années 1950 s'appelait Xercès Louis. La tribune aurait donc du s'appeler "Louis" (son nom) et non "Xercès" (son prénom).
Tribune Trannin
En route pour la Trannin.
Nous passons devant la fameuse benne de 1998, celle qui transportait les joueurs lensois dans les rues de la ville lors du sacre. Elle a été rénovée en 2023 par des lycéens de l'établissement Robespierre.
Nous terminons la visite de l'enceinte par un petit tour en Trannin, où l'on découvre les portraits des anciennes gloires du Racing Club de Lens comme Georges Lech ou Ahmed Oudjani.
Nous suivons notre guide jusqu'en parcage, où nous pouvons voir de plus près les filets de protection installés suite aux débordements lors du choc face au LOSC en 2021.
Vestiaires, tunnel et bord pelouse
Direction les coulisses.
Nous découvrons tout d'abord la zone mixte, où les joueurs peuvent s'arrêter (ou non) quelques instants pour répondre aux questions des journalistes.
Nous entrons également dans la salle de presse, où nous prenons place à tour de rôle derrière le micro pour une petite séance photos.
Le parcours de visite nous emmène ensuite dans les vestiaires. En déambulant dans les couloirs, je suis assez impressionné par le soin accordé à la décoration des murs, qui font très bien ressentir l'identité lensoise.
Petit tour dans les vestiaires des joueurs lensois, donc. Le guide nous montre à quelle place s'assoient les joueurs et attire notre attention sur l'étiquette de Jonathan Gradit, collée à l'envers par superstition !
Il nous explique que les vestiaires, assez petits, ont vu leur taille réduite à la demande d'Antoine Kombouaré (entraineur du RCL entre 2013 et 2016), qui souhaitait plus de proximité entre les joueurs.
Nous jetons ensuite un coup d'oeil aux douches et aux salles de soins avant de descendre l'escalier et d'emprunter le tunnel des joueurs.
À mon grand regret, nous n'avons pas eu droit à l'animation sonore et visuelle qui précède l'entrée des joueurs sur le terrain les jours de matchs. Le guide nous révèle à ce propos que Bollaert est l'un des seuls endroits (avec le 9-9bis à Oignies) où on peut encore entendre les coups de cloche qui annonçaient la descente des mineurs lors des journées de travail à la fosse.
Avant de monter les marches et d'entrer sur le terrain, nous passons, sur notre gauche, devant le tout petit terrain synthétique où viennent s'échauffer les joueurs. Un certain Kylian M'bappé y aurait d'ailleurs été aperçu en train de jongler avec un ballon.
Nous clôturons la visite par un accès au bord pelouse. Devant nous, le terrain. Sur les côtés, le banc de touche. Au centre, le superbe blason RC Lens peint sur la bande de pelouse synthétique.

Avant de partir, nous avons encore droit à de précieuses informations sur l'éclairage de la pelouse, sur la toiture (et notamment son système de haubans mis en place avant l'Euro 2016 pour protéger les spectateurs de la pluie) et voilà... c'est déjà fini !
Bravo au RC Lens et à l'office de tourisme Lens-Liévin pour cette visite qui permet d'en apprendre plus sur les secrets du RC Lens !
Informations pratiques
Un petit récapitulatif si vous souhaitez vous aussi réserver la visite :
- durée : environ 1h30
- horaires : voir le site Lens Tourisme
- réservation : voir le site Billetweb
- tarifs
- plein tarif : 12 €
- tarif réduit (-18 ans) : 9 €
- gratuit pour les moins de 6 ans



















